Les 10 films qui ont marqué ma jeunesse

La très chouette Caroline a eu une idée assez fantastique : faire un top 10 des films ayant marqué son enfance. Bien évidemment je me suis empressé de la lui piquer, et voici donc mon top 10 perso des films qui m’ont marqué de mon enfance jusqu’au début de mon adolescence. En pleine crise de RobFlemingite aiguë je les ai classés non pas par préférence, mais par ordre chronologique de découverte. Pourquoi ? Parce que.

1. Taram et le Chaudron Magique (1985)

Merci pour les cauchemars, Disney...

Merci pour les cauchemars, Disney…

Je me souviens très peu du film en lui-même, plus d’une ambiance pesante, des premiers délicieux frissons de peur. J’avais eu le 45 tours de la chanson de Douchka, et je n’avais en fait pas fait avant bien des années le rapprochement entre les deux. Il faut dire qu’il n’y a pas vraiment de rapport entre ce film, un des Disney les plus sombres qui soient, et la nullissime chanson guillerette imposée j’imagine par les génies de Disney France…

2. La Folle Histoire de l’Espace (1987)

Oh, Rick, reviens !

Oh, Rick, reviens !

Mes parents nous avaient amenés, mon frère et moi, voir ce film sur la foi d’un article dans le journal. Ils ne s’attendaient probablement pas à ce qu’autant de gags se situent en dessous de la ceinture. Ne connaissant pas vraiment Star Wars à l’époque, une bonne partie du film m’était passée au dessus de la tête mais le peu que j’avais capté m’avait ravi. Aujourd’hui encore je ne peux pas voir Alien sans m’imaginer la larve de xénomorphe faire des claquettes. Et surtout je découvris avec ce film le magique Rick Moranis. De Chérie J’ai Rétréci Les Gosses à Ghostbusters je passai ensuite une bonne partie de mes jeunes années à guetter les trop rares apparitions de ce génie.

3. Indiana Jones et la Dernière croisade (1989)

Les Jones

Les Jones

Ce n’est pas par ce film que j’ai découvert Indiana Jones. Ma grand mère nous avait en effet amenés mon frère et moi voir Le Temple Maudit à sa sortie au cinéma. Je n’avais pas vraiment apprécié le film mais pour situer j’allais à l’époque sur mes six ans et mon frère venait de fêter ses quatre ans. Soit l’âge idéal pour voir un cœur arraché continuer de battre jusqu’à ce que son propriétaire soit plongé dans de la lave en fusion, bien sûr.
La Dernière Croisade en revanche fut pour moi un choc absolu. L’aventure, l’action, l’humour, tout était dosé à la perfection et une fois le générique de fin entamé je ne vécu plus que pour revoir le film. Quand mes parents achetèrent un magnétoscope quelques mois plus tard La Dernière Croisade fût la première VHS que je demandai pour Noël. Elle traîne encore chez mes parents, usée d’avoir été vue et revue des dizaines de fois.

4. Le Père Noël Est Une Ordure (circa 1989)

A l'époque où ils étaient drôles...

A l’époque où ils étaient drôles…

Des amis de mes parents leur avaient prêté la cassette, en nous précisant bien que ce n’était pas pour nous, les enfants. Bien entendu cette interdiction avait été la plus efficace des publicités. Si cette cassette nous était interdite c’est qu’elle devait certainement receler des secrets délicieux. Voire même des filles dévêtues ! Comment résister ?
Un jour où mes parents travaillaient nous attrapâmes donc ce Graal et le mîmes dans le lecteur. Nous aurions dû être déçus : le film n’était pas émoustillant pour deux sous. Et pourtant, nous ne pûmes le regarder d’une traite tant il était difficile de suivre l’histoire en hurlant de rire. Nous ne prîmes même pas la peine de cacher notre méfait avent le retour de nos parents et exigeâmes qu’ils achètent eux aussi la VHS pour pouvoir continuer à le regarder quand il faudrait rendre cette copie à leurs amis. Je fus par contre un peu déçu en découvrant ensuite les Bronzés, de la même troupe du Splendid. C’était drôle, oui, mais sans avoir la fureur nihiliste du Père Noël, chef d’oeuvre de cette troupe qui hélas a bien mal vieilli.

5. Les Goonies (circa 1990)

Je Voulais cette ceinture. Ok, je la veux toujours.

Je Voulais cette ceinture. Ok, je la veux toujours.

Une des toutes premières vhs que j’ai achetée moi même, en regardant seulement la jaquette. Le dessin me rappelait furieusement Indiana Jones et il n’en fallait pas plus pour me faire sortir mon argent. Dire que je ne fus content de mon achat serait un extraordinaire euphémisme. On avait là non seulement le même savant dosage d’aventure et d’humour que dans Indiana Jones, mais en plus ici les héros avaient à peu près mon âge ! Avec La Dernière Croisade ce doit être la VHS que j’ai le plus regardée. La partie indispensable du programme des jours ou j’étais malade et ne pouvais aller à l’école. Il m’est même arrivé de feindre une grippe fulgurante rien que pour pouvoir regarder Les Goonies confortablement enroulé dans une couverture, sur le canapé du salon.

6. Gremlins (1990)

We wish you...

We wish you…

J’ai découvert les Gremlins lors d’un séjour linguistique à Exeter, en Angleterre alors que je venais de terminer la sixième.  Lors de ce séjour organisé je découvris à la fois l’Angleterre (qui pourrait être mon deuxième pays, sauf qu’en fait c’est le premier. Désolé la France, mais tu n’es même pas deuxième), les baked beans (que je hais du plus profond de mon âme), et Gremlins. Drôle, méchant, avec ses créatures si splendides que des générations s’en inspireront avec plus ou moins de bonheur. Aujourd’hui encore je me battrai jusqu’au sang contre tout fou qui osera dire que ce n’est pas le meilleur film de Noël de tous les temps.

7. Un téléfilm d’horreur de M6 (circa 1991)
C’est un peu gênant, il fait partie des films qui m’ont le plus marqué et je ne me souviens même pas de son titre. Mon frère et moi étions chez ma grand-mère pour les vacances et j’avais voulu voir ce téléfilm que la bande annonce annonçait comme terrifiant. Soyons honnêtes : il était nul. Rien dans cette histoire d’extra terrestre à la trompe d’éléphant en carton pâte qui tuait les habitants d’une ville américaine parce qu’il avait perdu son petit ne tenait debout. Mon frère avait été se coucher avant la fin, absolument terrifié, mais il n’avait que dix ans[1]A son réveil je lui avait d’ailleurs menti pour le rassurer, lui certifiant que tous les morts avaient ressuscité quand le monstre avait retrouvé son gamin et s’était barré dans sa soucoupe volante. C’était faux, ils étaient restés résolument morts. Désolé petit frère pour ce mensonge, mais c’était pour ton bien.. Du haut de mes douze ans j’avais tenu jusqu’au bout de cette purge, sans réel plaisir, mais pour franchir un cap, une épreuve initiatique : je faisais à présent partie des élus qui avaient déjà vu un film d’horreur !

8. Robocop (1992)

You're fired !

You’re fired !

En quatrième nous avions été avec ma classe en séjour en Irlande. Je logeais avec mon ami Sébastien dans une famille de Dublin qui avait la télévision par câble, luxe inimaginable dans nos contrées. Un soir le fils de la famille, qui devait avoir un ou deux ans de plus que nous, nous avait proposé de regarder Robocop. J’avais déjà joué de nombreuses heures à l’adaptation en jeu vidéo sur mon Amstrad CPC 6128[2]Haaaaaaa, cette voix digitalisée qui disait « Serve the public trust… protect the innocent… uphold the law… » avant chaque partie; Une prouesse technologique pour l’époque !, mais je n’avais encore jamais pu voir le film. C’était très violent, oui, mais c’était aussi très drôle, et surtout ça me parlait directement du monde. Robocop était pour moi un film bien plus réaliste que les sobres fictions françaises dont lé télé nous abreuvait. C’est à ce moment, dans ce salon Irlandais, que je compris d’un coup à quel point la satire et l’outrance étaient un outil précieux pour décrire une société. Je ne le pensais pas en ces termes, bien entendu, mais la graine venait d’être plantée dans mon esprit et elle n’a depuis plus cessé de croître.

9. Piège de Cristal (circa 1992)

Souvent copié, jamais égalé

Souvent copié, jamais égalé

Avec Gremlins, l’autre meilleur film de Noël de tous les temps ! Un film tellement important que j’ai du mal à prendre en compte l’avis de quelqu’un qui ne l’adorerait pas[3]ce test marche aussi avec les autres chefs d’œuvres que sont Speed et Le Dernier Samaritain. Si vous adorez les trois je vous aime déjà, allons prendre un verre ce soir pour parler d’Alan Ruck et d’Alan Rickman pendant des heures.. Nous l’avions découvert en famille à l’occasion d’un passage télé sur Antenne 2. J’allais sur mes quatorze ans et j’étais enfin assez grand pour pouvoir apprécier un tel film à sa juste valeur. Même le doublage atroce ne me dérangeait pas et je passai ce soir un des moments les plus mémorables que j’ai jamais vécus devant un poste de télévision. Même ma mère, d’ordinaire peu cliente de films d’action, ne bouda pas son plaisir. Dire que c’est un chef d’oeuvre du cinéma d’action est réducteur. Die Hard est un chef d’oeuvre du cinéma tout court.

10. Wayne’s World (1992)

Si tu vomis, vomis là dedans

Si tu vomis, vomis là dedans

« T’as pas dit deux ni un », « Voiture ! Engagement ! », « Youpi c’est la fête où est l’alcool ? ». près de vingt-cinq ans plus tard j’utilise encore régulièrement ces expressions idiotes qui n’ont qu’un seul point commun : venir de Wayne’s World. Je ne connaissais absolument rien du Saturday Night Live, ignorait totalement qui étaient Mike Myers, Dana Carvey et Rob Lowe. Le seul acteur du film que je connaissait était Ed O’Neill, l’inoubliable Al Bundy de Mariés… Deux Enfants.
J’avais été voir Wayne’s World au cinéma avec mon frère après en avoir entendu parler par un camarade de classe. Le bouche à oreille était impressionnant pour ce film, chaque élève qui allait le voir convainquait ensuite dix autres. Les citations du film résonnaient dans tous les recoins du CES Felix-Pécaut de Salies-de-Béarn pendant des mois. Le film est une indéniable réussite mais ce qui m’a probablement le plus marqué c’est ça : l’impression d’avoir une expérience commune, que les parents, les profs, les adultes en général ne comprenaient pas. Mégateuf Wayne ? Mégateuf Garth.

References   [ + ]

1. A son réveil je lui avait d’ailleurs menti pour le rassurer, lui certifiant que tous les morts avaient ressuscité quand le monstre avait retrouvé son gamin et s’était barré dans sa soucoupe volante. C’était faux, ils étaient restés résolument morts. Désolé petit frère pour ce mensonge, mais c’était pour ton bien.
2. Haaaaaaa, cette voix digitalisée qui disait « Serve the public trust… protect the innocent… uphold the law… » avant chaque partie; Une prouesse technologique pour l’époque !
3. ce test marche aussi avec les autres chefs d’œuvres que sont Speed et Le Dernier Samaritain. Si vous adorez les trois je vous aime déjà, allons prendre un verre ce soir pour parler d’Alan Ruck et d’Alan Rickman pendant des heures.

Que suis-je ?

noirJe ne ferai pas l’insulte à Charlie de prétendre être Charlie. Je ne ferai pas l’insulte aux musulmans de prétendre être musulman.

J’ai aimé Charlie Hebdo, passionnément. Ce sont eux, ces dessinateurs, ces journalistes, tous ces collaborateurs, qui ont participé à forger ma conscience politique. Tant de questions sur lesquelles ils m’ont accompagné, guidé, poussé à me faire mes propres opinions. Et pourtant ces dernières années j’étais fâché avec Charlie Hebdo. Passionnément là aussi, comme on ne peut l’être qu’avec ceux que l’on a vraiment aimés. Leur ligne éditoriale me blessait. Les critiques répétées contre les musulmans, des dessins à la limite de l’homophobie, je ne me reconnaissais plus dans ce journal qui m’avait tant apporté. J’étais fâché avec Charlie, toujours avec l’espoir que nous puissions un jour nous réconcilier, mais j’étais fâché, et malgré mes larmes je le suis encore.
Je ne suis pas musulman, pas plus que je ne suis chrétien ou juif. Je ne crois en aucun dieu et je soutiens totalement le droit à blasphémer, à injurier toute divinité que ce soit, sans pour autant que cela donne le droit d’injurier les croyants. Lire la suite

Les 15 règles de Molly Crabapple pour un succès créatif à l’ère d’Internet

(Molly Crabapple a écrit ce texte pour le site de Cory Doctorow, boingboing.net. Vous pouvez trouver la version originale ici. Elle a eu la gentillesse de m’autoriser à le traduire et le poster, merci à elle ! Ce texte n’étant pas de moi, je ne peux le laisser en licence CC, comme le reste de ce site merci de votre compréhension et bonne lecture -Vincent Maston)

Molly Crabapple - photo : Dellvium (Licence :  CC-BY-SA-3.0)

Molly Crabapple – photo : Dellvium (Licence : CC-BY-SA-3.0)

Je suis artiste visuelle et écrivaine. Cela signifie que j’ai fait à peu près tout ce que l’on peut faire et qui implique de créer des images (je suis en revanche plus novice en ce qui concerne l’écriture). J’ai dessiné des bites pour Playgirl. J’ai peint une reproduction de mon visage de deux mètres de haut sur laquelle j’ai minutieusement calligraphié des choses que l’on m’a dites sur Internet, puis je l’ai exposée dans une galerie de Tribeca comme une sorte de totem. J’ai réalisé en direct des esquisses de snipers à Tripoli. J’ai fait les illustrations de livres pour enfants auto-publiés pour dix dollars la page. J’ai peint, en équilibre instable sur un échafaudage improvisé dans le froid glacial d’une aube britannique, des cochons sur la façade d’un des nightclubs les plus chics au monde.

Cela fait huit ans que je gagne ma vie en tant qu’artiste, et ce Presque totalement sans galerie et jusqu’à très récemment sans agent. Ça a été un travail harassant qui m’a régulièrement plongée dans des dépressions. Aujourd’hui, j’ai un certain succès. Je gagne bien ma vie, même en vivant à New-York, j’ai un assistant à plein temps qui gagne un salaire de classe moyenne, et j’ai écrit un livre qui va sortir chez une importante maison d’édition. Je me sens chanceuse et reconnaissante pour tout cela.

Mon succès n’aurait pas été possible sans internet. J’ai été sur toutes les plateformes, de Craigslist et Suicide Girls à Livejournal, Myspace, Kickstarter, Tumblr et Twitter. J’en ai assez des réseaux sociaux mais j’y suis en même temps accro. Ce qui vous nourrit vous détruit, comme on dit. Plus ça va, plus Internet est géré par des entreprises et centralisé, et je ne sais pas si l’avenir n’appartient pas à des plateformes des grandes sociétés privées. J’espère que non.

Voici ce que j’ai appris : Lire la suite