Monsieur Valls, votre message a bien été reçu

C’est toujours dans les crises que les masques tombent. Le votre, monsieur Valls, était bien transparent mais il était là, soutenu à qui mieux mieux par des socialistes plus soucieux les uns que les autres de grappiller un maroquin, un siège, une place éligible. « C’est un homme de gauche », que disaient ces hommes et ses femmes d’une fadeur sans égal.

Qu’ils aillent aujourd’hui dire la même chose devant la nouvelle sortie ignoble de leur sergent.

« Manuel Valls demande à l’UE d’arrêter l’accueil des réfugiés »

Que d’horreurs, de renoncements, de trahisons dans ces quelques mots.
Monsieur Valls, n’ayez crainte, le message que vous voulez faire passer à Angela Merkel a bien été reçu. Par la chancelière allemande, je n’en sais rien, mais par tout le reste du monde, cinq sur cinq.

Les terroristes que vous prétendez vouloir combattre, par exemple, ont bien compris que vous vous laveriez les mains du sang de leurs victimes. Ils vous en remercient.

Les pays qui ont déjà basculé dans le fascisme, comme la Hongrie, ont bien compris que vous êtes leur allié. Félicitations, on a les amis qu’on mérite

Et les réfugiés eux-mêmes, ceux que vous souhaitez ne plus accueillir, ils auront aussi compris votre message : « Crevez »

Crevez sous les bombes de Daesh, d’El Assad, de Poutine, car nous ne comprenons pas que le plus beau vivier du terrorisme c’est ces quartiers laissés à l’abandon, ces injustices répétées, ces incessants contrôles au faciès.

Crevez dans la mer avec vos enfants car c’est plus simple et moins cher de vous laisser vous noyer que de vous tendre la main.

Crevez, car des centaines de petits Aylan morts sur nos côtes sont un prix que le premier ministre français est tout à fait disposé à payer pour une victoire politique.

Et j’ai moi aussi bien compris votre message, monsieur Valls. Bien compris que vous pensez que moi et toutes les autres personnes de gauche sont trop anesthésiés par la douleur et la peur pour repérer et dénoncer vos trahisons. Désolé, mais vous vous trompez.

Je n’ai pas voté pour votre parti pour que vous en fouliez les valeurs au pieds à la moindre crise.
Je n’ai pas élu vos députés pour qu’ils soutiennent une politique que même la droite la plus abjecte ne renie pas.
Je n’ai pas voté à droite, monsieur Valls, mais c’est la droite que j’ai élu. Vous m’avez bien eu, vous m’avez roulé dans la farine de mes propres espoirs, de mon aveuglement, de mon incapacité à apprécier à quel point les socialistes d’aujourd’hui ne sont plus qu’une succursale minable de LR.

J’ai été floué, et c’est de ma faute, j’étais trop endormi. Mais vous avez fini de me réveiller ce matin, Monsieur Valls, je vous en remercie.
Plus de faux semblants, plus de mascarade. Ni pour vous ni pour moi.
Je ne suis rien, une simple petite voix sur internet que votre service de comm aura vite fait de mettre à la corbeille sans même que vous lisiez ces mots. Mais de mon tout petit niveau, Monsieur Valls, je vous fait une promesse : je n’oublierai pas. Je n’oublierai jamais, et je pardonnerai encore moins.

– Vincent Maston

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