Route du Rock 2010, premier jour – 13/08/2010 – Saint Malo

Pour ce premier jour de festival, on va pas le cacher, avant d’arriver, on avait un peu peur : la météo annoncée était loin d’être folichonne. Coup de bol, au moins pour ce soir, elle se trompait.  On a pu donc profiter de toute cette soirée sans une seule goutte de pluie.

Première à fouler la scène du fort pour cette édition, les jeunes américaines de Dum Dum Girls font un pop rock qui, s’il n’est pas désagréable à entendre, est encore très vert, et tourne parfois un peu en rond. C’est assez prometteur comme le montrera une très chouette reprise de Janis Joplin, mais on attendra quelques années avant de se prononcer pour de bon.

Owen Pallett sur la scène du fort, honnêtement, fallait oser. Le délicat canadien fait une musique si personnelle qu’on avait peur qu’il ne perde ce lien si particulier qui l’unit aux spectateurs lors de ses concerts en salles à taille humaine. Et en effet, le set débute d’une manière pas tout à fait convaincante. C’est avec l’arrivée du guitariste que ça s’envole vraiment, en particulier pour le toujours parfait Many Lives → 49 MP. On attendra son retour avec impatience, bien sur, mais si possible plutôt dans une salle plus intime.

En parlant de création exclusive pour qualifier le set de Yann Tiersen, franchement, le festival se la pétait un peu, hein… Le concert était en fait une version remaniée de celui donné à la maroquinerie en décembre dernier. Avec de bonnes idées, comme le choeur d’exception, avec entre autres Laetitia Sherriff, Matt Elliott et Josh Pearson. Toujours aussi excellente également, la version dopée au post-rock de la Valse d’Amélie. On regrettera cependant que Matt Elliott, soit moins en avant qu’auparavant, lui qui avait apporté à la Maroquinerie un vrai plus, et que ça tourne légèrement à vide vers le milieu du set. Mais on ne va pas pinailler, le concert nous a bien emporté.

Parfois, on peut avoir de bien vilains préjugés. Par exemple, en voyant le matériel des Black Angels, on s’est dit, de manière un peu rapide, que tous ces amplis anciens, toutes ces guitares vintage ne présageait rien de bon. On s’est dit qu’on allait se retrouver devant un groupe de blues rock bien gras, au poses bien calquées sur les 70’s. On a eu peur d’un désastre complet plein de cambouis, de sueur et des gros blousons en cuir. On avoue, on a eu ces préjugés avant même l’arrivée sur scène des Texans. En même temps, ils se sont tous révélés exacts, voir en deça de l’effroyable réalité qu’a été ce set à oublier au plus vite.

Ce qu’on ne risque pas d’oublier de sitôt, ça sera bien sur le concert de Liars. Fiévreux, sans concession, le groupe n’hésite pas à diviser. Si on comprends tout à fait que certains n’aient pas apprécié le show de ce fou furieux d’Angus Andrew, une chose est sure : Liars n’aura laissé personne indifferent, et Plaster Cast of Everything est une tuerie absolue.

Pour clôturer cette première soirée, Caribou aura mis tout le monde d’accord, avec son rock electronique à la rythmique imparable. Alors oui, on ralera un peu de n’avoir aucun morceaux de Up in Flames -de l’avis général d’ici, son meilleur album- Mais ne serait-ce que pour une bombe atomique comme Sun, on en redemande !

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